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Ce texte et les propositions qu’il contient constituent la synthèse
De ce qui fait accord entre les formations du Front de Gauche.
Les lignes en bleu ci dessous sont des liens
hypertextes permettant la consultation partielle d'un paragraphe
1-
Partager les richesses et abolir l’insécurité sociale............................
3
Augmenter les salaires...........................................................................................................
3
Abolir la précarité....................................................................................................................
4
Plan d'urgence pour le logement et contre la spéculation immobilière............................
6
La santé, notre bien commun !..............................................................................................
7
Un pacte pour un nouvel essor des services publics.........................................................
9
2 – Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers........
11
L’argent des entreprises.......................................................................................................
12
L’argent public.......................................................................................................................
12
L’argent des banques, un pôle financier public.................................................................
13
L’argent en Europe et dans le Monde.................................................................................
14
3 –La planification écologique................................................................................
15
Des choix énergétiques sous contrôle citoyen..................................................................
15
Relocaliser l’économie, coopérer,.......................................................................................
16
Lutter contre les GES, nouvelle politique de transport.....................................................
16
Contre la marchandisation des biens communs, préserver et partager les
ressources naturelles...
17
4- Produire autrement.................................................................................................
18
Promouvoir un progrès humain durable.............................................................................
18
Priorité à l’emploi et à la qualification.................................................................................
19
Encourager d’autres formes de propriété...........................................................................
20
Un renouveau industriel et technologique.........................................................................
21
Vers un nouveau modèle agricole.......................................................................................
22
5- La République pour de vrai....................................................................................
23
La laïcité, pilier de la République et condition du vivre ensemble...................................
23
Égalité femmes - hommes : se débarrasser du patriarcat................................................
24
L’immigration n’est pas un problème.................................................................................
25
La lutte contre toutes les discriminations..........................................................................
25
La sécurité : une affaire de solidarité nationale.................................................................
26
6 – Convoquer l'assemblée constituante de la VIe République................
27
Une constitution démocratique, des lieux de travail aux institutions..............................
27
L’implication populaire permanente....................................................................................
29
L’organisation du territoire..................................................................................................
29
Un processus constituant, une assemblée constituante..................................................
30
7 – S'affranchir du traité de Lisbonne et construire une autre Europe
30
8 – La France pour changer le cours de la mondialisation.......................
32
Le choix de la coopération entre les peuples.....................................................................
33
Une politique au service de la paix......................................................................................
33
9 L’émancipation humaine en tête............................................................................
34
Partager les savoirs..............................................................................................................
34
Sport.......................................................................................................................................
37
Art, culture, pratiques culturelles........................................................................................
38
Le droit à la ville....................................................................................................................
40
1- Partager les richesses et abolir
l’insécurité sociale
Agir tout de suite :
Rétablissement des 35 heures
Droit à la retraite à 60 ans à taux plein
Smic à 1 600
euros bruts par mois pour 35h
Instauration du salaire maximum : dans chaque entreprise l’écart entre le plus
bas et le plus haut salaire ne pourra dépasser 1 à 20
Augmentation immédiate des bourses d’études, élargissement des droits sociaux
aux jeunes majeurs.
Convocation d’assemblées régionales et nationale pour l’emploi, les
qualifications et les salaires
Remboursement à 100% des dépenses de santé
Abrogation de la loi Molle sur le logement
Blocage des loyers
Revenu maximum fixé à 360 000 euros par an
Arrêt de la RGPP
Abrogation de la réforme hospitalière, réintroduction des élections paritaires
dans les caisses de gestion de la Sécurité sociale
Mesures immédiates contre la précarité et titularisation des 800 000 précaires
de la Fonction
publique
Agir pour un changement durable :
Smic à 1 600
euros nets par mois pendant la législature
Refonte du Code du travail pour abolir la précarité et établir l’égalité
femmes-hommes
Mise en chantier d'un système de sécurité d'emploi et de formation pour tous
Mise en place d’un statut social pour tous les jeunes permettant leur autonomie
Création d'un pôle public du médicament
Augmenter les salaires
Nous voulons rétablir le droit au travail, à l’emploi et au repos dans une
nouvelle répartition des richesses.
Pour cela, nous établirons les 35 heures effectives, le droit à la retraite à 60
ans à taux plein, le Smic à 1 700
euros et un salaire maximum qui ne pourra dépasser 20 fois le plus bas salaire
dans les entreprises publiques et privées.
Les 35 heures
seront pleinement établies par la loi, sans annualisation, ni perte de
salaire avec les embauches correspondantes notamment dans la Fonction publique et sous
le contrôle des élus du personnel. Le recours aux heures supplémentaire sera
strictement limité. Nous agirons dans une logique de plein emploi, de réduction
de temps de travail, d’abolition de la précarité et d’installation d’une
« sécurité emploi formation ». Chaque année, nous réunirons les partenaires
sociaux et les différentes collectivités publiques dans une assemblée nationale
et des assemblées régionales permettant de fixer des objectifs précis pour
l’emploi, les qualifications et les salaires.
Nous rétablirons le droit à la retraite à 60 ans à taux plein (75% du
salaire de référence) pour toutes et tous avec la prise en compte de la
pénibilité de professions particulières donnant droit a des départs anticipés.
Aucun salarié ne touchera une retraite inférieure au SMIC.
Le
financement de la retraite sera assuré en particulier par une cotisation
nouvelle sur les revenus financiers des entreprises au même taux que pour les
cotisations employeurs sur les salaires. L’accroissement du taux et de la masse
des cotisations patronales sur les salaires sera modulé tenant compte des choix
de gestion de ces entreprises. Aucun recours à la fiscalisation des retraites ou
de la protection sociale ne sera opéré pour leur financement.
Nous voulons réévaluer l'ensemble des salaires et des traitements,
des indemnisations du chômage et des retraites et les indexer sur l’évolution du
coût de la vie. Nous porterons immédiatement
le Smic
à 1 700 euros bruts par mois pour 35 heures conformément aux revendications
syndicales et 1700 euros net pendant la
législature. Par la fiscalité nous établirons un revenu maximum fixé à 20 fois
le revenu médian (soit aujourd’hui 360 000 euros par an).
Nous voulons éradiquer la pauvreté !
Aucun revenu ne pourra être fixé
sous le seuil de pauvreté en tenant
compte de la composition familiale. Les minimas sociaux seront fixés en
référence au Smic et indexés sur
celui-ci.
Un salaire maximum sera instauré. Comme le propose la Confédération Européenne
des Syndicats, dans toutes les entreprises, l’écart entre le plus bas et le plus
haut salaire ne pourra dépasser 1 à 20. Ainsi, les patrons ne pourront gagner
plus sans d’abord augmenter les salariés du « bas de l’échelle ».
Nous voulons éradiquer le chômage et lutter contre la précarisation de toute la
vie sociale.
Pour sortir les jeunes de la précarité, de la dépendance familiale et du recours
au salariat pendant leurs études, nous créerons un statut social pour tous
les jeunes permettant leur autonomie. Nous mettrons en place un système
d’allocations financées, pour les jeunes en formation, par la solidarité
nationale, et pour les jeunes en recherche d’un premier emploi, par la sécurité
sociale professionnelle.
Ces contrats
sécurisés de formation et d’emploi ouvriront droit à la prise en charge des
cotisations sociales afin entre autres d’inclure les années de formation dans la
durée de cotisation pour la retraite.
Le CDI à plein temps sera réaffirmé comme étant la norme du contrat de travail,
le recours aux intérimaires et contrats à durée déterminée strictement encadré.
Un quota maximal d’intérimaires et de contrats à durée déterminée égal à 5 % des
effectifs dans les grandes entreprises et 10 % dans les PME sera instauré sauf
dérogation justifiée. Nous créerons un droit automatique au passage à
temps plein pour les temps partiels. Les droits des salariés des entreprises
sous-traitantes seront alignés vers le haut sur ceux des donneurs d’ordre.
En plus des nouveaux droits donnés aux salariés et aux comités d’entreprise en
cas de licenciement et de délocalisation, nous rétablirons l’autorisation
administrative de licenciement. Nous
interdirons les licenciements boursiers ainsi que la distribution de
dividendes pour les entreprises qui licencient.
En cas de délocalisation ou de dépôt de bilan, nous instaurerons un droit des
salariés à la reprise de leur entreprise sous forme de coopérative.
Nous abrogerons la RGPP
et renforcerons la Fonction publique, notamment par les embauches nécessaires à
la satisfaction des services rendus à la population. Nous titulariserons les
800 000 précaires de la Fonction publique.
Nous abrogerons toutes les lois antisociales qui ont cassé le
Code du travail et engagerons sa refonte pour introduire de nouveaux
droits et des garanties élevés pour les salariés, ainsi qu'une
nouvelle convention de l'Unedic.
La hiérarchie des normes et le principe de faveur seront notamment rétablis :
aucun accord d’entreprise ne pourra être moins favorable aux travailleurs qu’un
accord de branche ou que le droit commun (cf page 25). Nous réintroduirons
l'obligation de réintégrer les travailleurs abusivement licenciés s'ils le
souhaitent et nous supprimerons la loi Maillé d'extension du travail du
dimanche.
Le respect de ces droits et de ces protections seront les meilleurs garants du
recul de la souffrance au travail. Le nouveau Code du travail assurera
l’abolition de la précarité et l’égalité
femmes - hommes dans l’entreprise en prévoyant de lourdes pénalités pour les
entreprises qui ne respecteront pas cette égalité. Les effectifs de
l’Inspection du travail seront doublés pour faire respecter les droits
sociaux du travail. Nous ferons de la
protection sociale un bien commun et un droit de base pour tous en
renforçant le principe de solidarité
entre les générations. La perte d'autonomie (que la droite nomme
« dépendance ») sera couverte dans le cadre de la protection sociale sans
recours aux assureurs privés. Et nous favoriserons,
au niveau départemental, la création de pôles publics de « l’autonomie ».
La lutte
pour la santé au travail sera décrétée cause nationale dès la première année
de mandat et, parmi les mesures immédiates, nous engagerons, en concertation
avec les personnels de la santé et les représentants des salariés, le
réinvestissement massif de l'État dans la médecine du travail.
Plan d'urgence pour le logement
et contre la spéculation immobilière
Pour faire du logement un droit et une priorité nationale, nous abrogerons la
loi Boutin (MOLE) et toutes les aides fiscales au logement spéculatif privé.
Le logement locatif social sera reconnu comme le logement universel accessible à
tous. Nous engagerons un plan d’urgence national pluriannuel de construction
de 200 000 logements publics sociaux par an pendant cinq ans comprenant un volet
spécifique de logements étudiants et pour les jeunes. Pour cela nous porterons
le budget logement à 2% du PIB en crédits de paiement, et reviendrons à une aide
à la pierre à hauteur de 40 % du coût des opérations, avec des prêts publics
bonifiés et de longue durée de remboursement.
Nous interdirons les expulsions locatives de toute personne et famille en
difficulté économique et sociale.
Nous garantirons à chacune et
chacun, le droit au maintien dans
son logement, par la mise en œuvre d’une sécurité locative mutualisée.
Nous mettrons en place une tarification
sociale garantissant le droit et l’accès de toutes et tous à l’eau et à
l’énergie.
Nous revalorisons l'APL en supprimant le mois de carence de son attribution.
Nous
rétablirons son caractère rétroactif et
inclurons la prise en compte du forfait charge dans le calcul de son montant.
Pour favoriser l'accès au logement dans le parc privé, nous supprimerons la
caution.
Nous supprimerons le surloyer ainsi que les plafonds de ressources.
Dans un premier temps nous bloquerons les loyers dans le public et
encadrerons leur évolution dans le privé
par
le plafonnement des prix à la vente et à la location, en fonction de la tension
dans les territoires.
Dans un deuxième temps, pour garantir l’égalité d’accès de tous à un
logement de qualité, la mixité sociale de l’habitat et permettre la baisse des
loyers pour le plus grand nombre nous
nous fixerons l’objectif que la
proportion du loyer et des charges dans le budget des familles n’excède pas 20%
de leurs revenus.
Nous appliquerons la loi de réquisition des logements vacants et
engagerons un plan de mobilisation des logements vides : réduisant le délai
de vacance d'un logement, nous renforcerons les critères de procédure de
réquisition et l'abattement annuel de 10 % au bout de la 5e année et
d'exonération pour les étrangers.
Nous créerons un
service public national et décentralisé du logement, de l'habitat et de la
ville.
Ce service public se déclinerait en quatre volets :
- un pôle public financier,
appuyé sur la Caisse des dépôts et consignations (CDC), pour financer le
logement social.
- un pôle public de la construction
pour casser le monopole des majors du BTP et permettre l’abaissement des loyers
et des charges.
- une agence nationale foncière
et décentralisée au niveau des régions, dotée de fonds d’interventions
conséquents, pour lutter contre la spéculation du sol, par une
maitrise publique des sols par des baux emphytéotiques
et inciter à la construction de logements sociaux dans toutes les
communes.
- des outils publics
ou à vocation publique et démocratisés dont la mission serait de mettre en œuvre
localement le droit au logement avec une gestion démocratisée et consolidée par
une représentation renforcée et majoritaire des élus locaux, des représentants
des salariés, des associations et des usagers bénéficiant de nouveaux droits de
décision et de contrôle.
Nous agirons pour une
application résolue de la loi SRU élargie en remontant, à 30 % en
zone de tension et 25 % sur le reste du territoire, le seuil minimal de
logements sociaux ; dans
les communes ne respectant pas la loi SRU
chaque programme de construction de plus de 10 logements devra respecter le
quota de 50 % de logement social. En cas de refus, le préfet pourra prendre
d’autorité les dispositions nécessaires.
Le financement des crédits alloués au logement social sera assuré par le
relèvement du plafond du Livret A à 20 000 euros, la recentralisation de sa
collecte par la Caisse des dépôts et consignations, la majoration de 0,55 %
de la contribution des employeurs à l'effort de construction pour
établir un véritable 1 % logement. Nous taxerons la spéculation financière et
immobilière avec la création d'une taxe « contribution logement » de 10 % sur
les revenus financiers, et nous supprimerons la taxation des bailleurs
sociaux adoptée dans la loi PLF 2011.
Nous
soutiendrons les collectivités qui créeront les conditions d'une
accession sociale à la propriété.
Nous
appuierons l'émergence de projets innovants favorisant l'accompagnement
des personnes en demande d'urgence.
Nous agirons pour la généralisation, dans
l'ensemble du parc d'habitation public et privé,
des normes environnementales,
pour l'application des normes réduisant les factures énergétiques et les
émissions de CO2 et pour l'émergence d'une filière de l'éco-construction.
La santé, notre bien commun !
Le niveau des indicateurs de santé révèle avant tout les inégalités
socio-économiques.
C’est pourquoi conquérir pour chacun-e le droit à la santé, que nous définissons
comme « un état de bien-être physique, mental et social » nécessite d'investir
dans le logement social, d'améliorer les conditions de travail et le cadre de
vie.
Pour nous la santé est donc une préoccupation transversale de toutes les
politiques publiques.
Nous
mettrons fin en priorité aux fermetures et démantèlement d'hôpitaux, de
maternité, de centres de soin et d'IVG. Nous garantirons l’accès effectif et
gratuit à la contraception et à l’IVG.
Nous abrogerons la loi Bachelot et la loi de 2003 instituant la tarification à
l’activité.
Nous investirons massivement pour redonner à l'hôpital public les moyens
nécessaires à une politique de santé de qualité.
Nous rétablirons le
remboursement intégral à 100 %
des dépenses de santé couvertes par la Sécurité sociale en y incluant les
lunettes et les soins dentaires. Nous supprimerons les forfaits et les
franchises. Le financement de la protection sociale doit être construit à partir
des cotisations sur les salaires avec une modulation et une contribution sur les
revenus financiers des entreprises, des banques et des assurances.
Les mutuelles seront orientées principalement sur les questions de prévention.
Nous voulons reconstruire et développer un service public de santé basé sur
la proximité et la qualité des soins avec les personnels, les élus et les
citoyens.
Nous favoriserons la mise en réseaux des hôpitaux entre eux et avec la
médecine ambulatoire pour développer la prise en charge technique nécessaire
sans l'opposer à la proximité, pour réduire les temps d'attente dangereux et
onéreux, pour contribuer à la coopération des professionnels entre eux.
Nous assurerons la promotion des centres
de santé et le respect de leur vocation initiale d’accès aux soins pour tous.
Le travail en partenariat avec la médecine libérale sera renforcé.
Afin de prendre en charge « la personne » dans sa globalité – et non le
« malade » - le médecin généraliste verra sa position franchement revalorisée.
La médecine générale sera considérée comme une spécialité, revalorisée dans la
formation, dans sa rémunération et sa reconnaissance universitaire. Plutôt
qu’une politique fondée sur la sanction financière, la puissance publique
développera de nouvelles formes de rémunérations intégrant l’élaboration des
dossiers, la prévention et l’éducation à la santé.
Pour faire
face à la pénurie des médecins généralistes et de certaines spécialités, le
nombre d’étudiants à l’entrée des études de médecines sera augmenté de manière
significative dans la perspective de la suppression du numerus clausus.
Nous
organiserons une négociation conclue par un accord majoritaire pour redéfinir
une nouvelle convention médicale remettant en cause les dépassements
d’honoraires et créant de vraies incitations à l’installation pour en finir avec
la désertification médicale. Ces incitations pourront être financière,
techniques et organisationnelles dans l’aide à l’installation, dans
l’équipement, dans l’assistance à l‘installation.
Pour lutter
contre la pénurie de personnel, nous lancerons un programme de formation de
toutes les disciplines de la santé, libéré de l'influence des laboratoires
pharmaceutiques.
Nous
organiserons la formation par concours d’entrée dans la fonction publique de la
santé (FPS). La validation des acquis se fera aussi
devant des
commissions multidisciplinaires sur le principe de trois tiers-temps :
formation, production de soin et temps de formateur ou de contribution à
l'éducation sanitaire.
Le maillage
du territoire national devra être assuré pour la réponse aux besoins de santé et
non pas en fonction de logiques comptables.
Nous établirons une couverture nationale
de santé égale sur tout le territoire. Tous les bassins de vie seront dotés
d’équipements publics de santé (hôpitaux, service hospitaliers, maternité,
urgences…) en rapport avec leur population. Ainsi, ce sont des exigences
sanitaires (besoins de santé constatés de la population) et non comptables qui
piloteront la politique nationale de santé.
Les réponses pour compenser le manque d’autonomie seront prises en charge par la
sécurité sociale à 100% pour la partie « soins » et par le développement des
services publics.
Nous organiserons un grand débat public pour une réforme progressiste de la
psychiatrie respectant les libertés individuelles.
Pour lutter contre la pénurie de personnel, nous lancerons un programme de
formation à toutes les disciplines de la santé.
Nous libérerons la recherche pharmaceutique de la soumission aux marchés et aux
laboratoires en mettant en place un pôle public du médicament avec au moins
une entreprise publique qui Interviendra sur la recherche, la production et la
distribution des médicaments,
Ce pôle public :
-
produira une partie des médicaments,
-
contrôlera le système de sécurité des médicaments, leur mise sur le marché et
leur prix
-
sera doté de pouvoirs de sanction à l’égard des laboratoires qui manqueraient à
leur devoir de sécurité sanitaire
-
relancera la recherche publique et fera adopter une
charte incluant le devoir de
recherche sur des médicaments dits « non-rentables
Nous
redonnerons à la santé publique, la promotion de la santé, la prévention les
moyens qui lui font défaut notamment en matière d'étude et de recherche.
Nous répondrons à l’exigence de sécurité sanitaire avec un vrai contrôle
démocratique et une mobilisation permanente de tous les acteurs.
Les ARS seront supprimés. L’ensemble des dispositions en faveur de la santé sera
mis en œuvre par des instances regroupant les personnels et les professionnels,
les élu-e-s et les citoyen-ne-s.
Un pacte pour un nouvel essor des
services publics
Les services
publics ont à répondre à la satisfaction des besoins des populations et à
l’intérêt général. Ils doivent donc être préservés de toute soumission à des
intérêts privés comme aux marchés financiers.
L’éducation,
la santé, la protection sociale, la recherche, l’énergie, l’eau, les transports,
les télécommunications, le crédit, le logement la Poste, la sécurité et la
justice seront protégés comme notre patrimoine commun car ils assurent les
conditions de l’égalité et de la citoyenneté.
Nous ferons
nôtres les objectifs du Pacte pour les services publics, adopté aux
États-Généraux de janvier 2011, fondés sur le principe d’appropriation
sociale, d'égalité et de solidarité, de reconquête du bien commun par le peuple
dans le plein exercice de sa souveraineté et sur l'ambition d'un développement
humain durable.
Nous
reconstruirons et développerons nos services publics. La RGPP qui les démantèle
sera abrogée, les postes qui répondaient aux besoins collectifs et ont été
supprimés par la droite seront tous rétablis. Pour que l’accès égal de tous aux
services publics soit garanti nous maintiendrons et reconstruirons les services
publics de proximité et réviserons les tarifs, en appliquant le cas échéant la
gratuité.
Nous maintiendrons et développerons les services publics de proximité. Nous
reconstruirons, développerons et créerons des services publics, définis
démocratiquement par les citoyens, les salariés et leurs élus assurant une
répartition des richesses qui doit permettre l’effectivité des droits et
financés par une fiscalité juste et redistributive, une taxation des revenus
et des actifs financiers, la taxation des revenus du patrimoine ainsi que la
suppression des exonérations de cotisations sociales patronales et des niches
fiscales qui, aujourd'hui, profitent aux hauts revenus et aux grandes
entreprises.
Les moyens
des services publics seront renforcés avec des financements dégagés de l’emprise
des marchés financiers pour leur permettre de remplir leurs missions au service
de l’intérêt général en dehors de toute contrainte de rentabilité financière.
Des critères d’efficacité sociale seront établis démocratiquement en lieu et
place des critères marchands.
La
délégation de service public sera strictement encadrée. Il sera créé un nouveau
statut d’Etablissement Public Local Citoyen inspiré des EPIC. Ils seront dirigés
par les collectivités, les salariés et les usagers.
Les
directions des entreprises publiques qui se sont acharnées à introduire la
logique privée au détriment de l’intérêt général seront remplacées par des
cadres compétents et attachés au service public. Les méthodes managériales
inefficaces et cruelles introduites dans les services publics au détriment des
salariés et des usagers, conduisant à une dégradation sans précédent des
conditions de travail et de service jusqu’au drame seront abandonnées. Les
politiques suivies seront
définis démocratiquement par les citoyens, les salariés et leurs élus. Nous
étendrons et augmenterons la place des représentants du peuple dans la gestion
des services publics.
Les secteurs
confiés au service public seront protégés de la libéralisation des marchés et de
leur mise en concurrence. Le monopole public sera rétabli là où l’intérêt
général le commande. Au plan européen et mondial, nous agirons pour le
développement de coopérations publiques solidaires afin d’étendre et renforcer
les services publics. Nous reviendrons notamment sur la directive service et
nous stopperons toutes les libéralisations entreprises notamment dans les
secteurs du rail, du courrier et de l’énergie.
De nouveaux
services publics seront créés et développés en particulier dans le domaine de la
petite enfance.
Un service public de l'information et de la culture, soustrait du pouvoir de
l'argent et des pressions
politiques, sera le garant du pluralisme et de l'exercice de la citoyenneté.
L’Etat garantira l’accès de chacune et de chacun à la pratique sportive de son
choix
tout au long de la vie. Il donnera au
mouvement sportif les moyens de l’accomplissement de ses missions de service
public.
Au plan européen et mondial, nous agirons pour une harmonisation par le haut
des services publics et le développement de coopérations publiques solidaires.
2 – Reprendre le pouvoir aux banques
et aux marchés financiers
Agir tout de suite :
Adoption d’une loi portant création d’un pôle public financier transformant
notamment la politique et les critères du crédit
Placement sous contrôle social des banques privées qui ne respecteraient pas la
nouvelle réglementation en matière de lutte contre la spéculation et la
financiarisation de notre économie.
Nous bloquerons les échanges de capitaux avec les paradis fiscaux
Réforme de la fiscalité : suppression du bouclier fiscal, augmentation de l'ISF
et de l'impôt sur les revenus du capital, taxation des revenus financiers des
entreprises, mise en place du principe de modulation de l'impôt sur les sociétés
et du taux des cotisations sociales patronales en fonction des objectifs
d’emplois, de formations et de salaires de l’entreprise
Suppression des exonérations de cotisations sociales patronales qui ont montré
leur inefficacité
Création d'un Fonds national et de fonds régionaux pour l'emploi et la formation
Agir pour un changement durable :
Transformer les missions, la politique monétaire et la gouvernance de la BCE, la
Banque de France et créer un Fonds européen de développement social, écologique
et solidaire pour l’expansion des services publiques, de l’emploi et des
qualifications.
Création de pouvoirs nouveaux pour les salariés et leurs représentants dans la
gestion de leurs entreprises, ainsi que des citoyens dans les institutions
bancaires et les collectivités territoriales
L’argent des entreprises
Nous proposerons des mesures précises pour désintoxiquer les entreprises de la
finance et pour mettre fin à la déstructuration du marché du travail et à la
désindustrialisation du pays. Nous en
finirons avec les 30 milliards d’euros annuels d’exonérations de cotisations
sociales patronales dont on a pu constater l’inefficacité pour l’emploi et
avec les exonérations fiscales.
Nous taxerons les revenus financiers des entreprises.
Nous modulerons l’impôt sur les sociétés et le taux des cotisations sociales
pour pénaliser les entreprises qui délocalisent, qui développent leurs
placements financiers, ou qui se servent des nouvelles technologies pour
supprimer des emplois et dégrader les conditions de travail afin
d’inciter
les entreprises à développer la valeur ajoutée, les formations, les salaires et
l’emploi.
Nous créerons les conditions pour imposer aux banques le financement à des taux
d’intérêt faibles, des projets porteurs d’un renforcement de l’emploi, de la
qualification et du potentiel de création de valeur ajoutée dans les
territoires.
Ainsi, des fonds régionaux et un Fonds
national pour l’emploi et la formation pourraient se servir des moyens
d’intervention publique à leur disposition (bonifications d’intérêts, garanties
d’emprunts) en réutilisant à cet effet les fonds aujourd’hui gaspillés dans les
cadeaux fiscaux et sociaux aux entreprises.
L’ensemble de ces dispositifs sera assorti d’une stricte conditionnalité sociale
et environnementale.
Nous voulons libérer les finances publiques des griffes des marchés financiers.
Notre stratégie se décline en quatre axes : reprise du contrôle des mouvements
de capitaux aux frontières de l’Union Européenne, possibilité que les banques
centrales contribuent directement au financement des biens et des services
publics, obligation de détention de titres de la dette publique par les
institutions financières, abrogation du pacte de stabilité et du pacte
euro-plus.
Nous proposons que la Banque centrale européenne (et les banques centrales
nationales comme la Banque de France qui constituent ensemble, l’Euro-système)
finance directement, par création monétaire,
un Fonds de développement social,
solidaire et écologique européen.
Celui-ci
viendra en place du Fonds de stabilité financière institué en mai 2010 par les
dirigeants de l'euro et que ceux-ci entendent remplacer, à partir de 2013, par
un « Mécanisme européen de stabilité » flanqué du « pacte pour l'euro plus ».
Des titres publics pour le
développement social seraient rachetés directement
par la BCE et les banques centrales. Cette création monétaire, allouée via le
fonds de développement, permettrait de répartir des masses volumineuse de
financement, à taux d'intérêt nuls ou très bas, entre les pays membres de
l'euro, en fonction de leurs besoins propres et ,expressément, pour le
développement des services publics nationaux et de leur coopération européenne.
Le fonds financerait également des
projets publics démocratiquement sélectionnés sur la base de critères précis
de création et de sécurisation des emplois, de développement de la formation et
de la recherche, de respect de l’environnement, d’élévation du potentiel de
création de valeur ajoutée des territoires.
Cela permettrait, non seulement de
défendre, mais d'élever le modèle social européen.
Sans attendre, la Banque de France sera mise au service de ces objectifs.
Simultanément les pactes européens de stabilité et « pour l'euro plus » seront
mis en cause pour ouvrir la voie à un nouveau pacte européen de progrès social
et de co-développement.
Nous refusons le dogme de la réduction de la dépense publique.
Nous
refusons d’inscrire dans la constitution l’objectif de l’équilibre budgétaire
que Nicolas Sarkozy appelle « la règle d’or ».
Nous établirons une fiscalité qui redonne toute sa place à un impôt sur le
revenu réellement progressif.
La réforme de la fiscalité permettra de contribuer à cette réorientation
radicale de la politique économique.
Nous mettrons fin au démantèlement de la fiscalité du patrimoine engagé par le
gouvernement actuel, nous supprimerons le bouclier fiscal et nous
augmenterons le rendement de l'ISF. Une loi anti-évasion fiscale permettra l’imposition
des revenus des Français à l’étranger. Loin de toute fusion entre la CSG et
l’impôt sur le revenu, nous mettrons en place une nouvelle cotisation sociale
sur les revenus financiers afin d’aller vers la suppression de la CSG et
l’extinction de toute fiscalisation de la protection sociale.
Contre la dictature des marchés financiers et des gestionnaires de capitaux,
l’obsession du court-terme et le contournement de la démocratie,
nous agirons pour établir le pouvoir de
la société sur les banques et le crédit afin de produire autrement les
richesses.
Nous créerons un pôle financier public
par la mise en réseau des institutions financières publiques existantes (Caisse
des dépôts, Crédit foncier, OSEO, CNP, Banque postale), les banques et
assurances mutualistes dans le respect de leurs statuts et la nationalisation de
banques et compagnies d’assurances.
Ce réseau sera chargé d’une nouvelle mission de service public du crédit et de
l’épargne, au service de l’emploi, de la formation, de la croissance réelle et
de la préservation de l’environnement afin de sortir de la crise et de l’emprise
des marchés financiers.
Son action permettra de soutenir localement les luttes sociales appuyées sur de
nouveaux droits des salariés et des citoyens et sur des fonds régionaux pour
l’emploi et la formation. Les salariés et leurs représentants disposeront d’un
droit de saisine de ce réseau.
La « gouvernance » d’un tel pôle reposerait sur des pouvoirs nouveaux exercés
par les représentants de la Nation, les représentants des salariés travaillant
dans ces institutions et de leurs usagers : entreprises et collectivités
territoriales, bien sûr, mais aussi les salariés, les chômeurs, les précaires et
leurs représentants, les associations de consommateurs et les associations de
défense de l’environnement. Une telle gestion démocratique permettra notamment
de développer des missions spécifiques d’intérêt général en faveur du
financement des PME, du logement, des collectivités territoriales, des services
rendus aux déposants.
Nous combattrons la spéculation et la financiarisation de notre économie en
interdisant les ventes de gré à gré, les ventes à découvert et les produits
spéculatifs et en bloquant les échanges de capitaux avec les paradis fiscaux ce
qui contribuera à leur disparition. Nous imposerons la séparation des banques de
dépôt et des banques d’investissement. Nous interdirons les stocks options, les
LBO et les engagements hors-bilan et obligerons les entreprises à la
transparence financière. Nous protégerons les collectivités locales victimes des
crédits toxiques. Les mouvements internationaux de capitaux à des fins de
spéculation et de placement financier seront contrôlés et taxés.
Nous agirons en même temps pour changer les traités européens pour mettre fin à
l’indépendance de la banque centrale européenne vis-à-vis des instances
démocratiques nationales et européennes, et pour que sa mission, sa politique
monétaire et de crédit donne la priorité à l’emploi et au développement humain
durable.
Cette action peut commencer dès aujourd’hui dans les luttes pour d’autres
financements des entreprises et des services publics, avec le fonds de
développement social solidaire et écologique européen financé par la création
monétaire de la BCE (voir page 12).
En même temps, il s'agirait d'instituer une
coopération euro-méditerranéenne de progrès social, écologique et de
co-développement en direction des pays du Maghreb, du Machrek, d'Afrique noire
et du Moyen-orient.
Simultanément à ces actions pour une autre utilisation de l'euro en France, en
Europe et dans le monde,
nous prendrons des initiatives pour mettre fin à la domination des États-Unis
sur le système monétaire international
avec
la création d’une monnaie commune mondiale alternative au dollar. Elle
permettrait notamment d'appuyer l'essor
d'un
nouveau crédit massif, peu coûteux et sélectif, pour financer les
investissements nécessaires pour permettre aux peuples du Sud de maîtriser leur
développement et pour protéger l’environnement et les biens communs de
l’humanité.
Agir tout de suite :
Moratoire sur toutes les politiques de déréglementation de l'énergie, abrogation
de la loi NOME
Mise en place d'un plan de transition écologique réintroduisant la maîtrise
publique de l'énergie et promouvant des investissements publics conditionnés aux
critères écologiques, sociaux et démocratiques
Mise en place d’un plan de financement pour la sobriété et l’efficacité
énergétique et pour
la diversification des sources d’énergie
Agir pour un changement durable :
Maitrise publique de la gestion de l’eau et de l’assainissement
La crise environnementale et son aggravation sont liées au système capitaliste
lui-même, au productivisme qu’il porte et à ses choix au service d’intérêts
privés contre l’intérêt général.
La planification écologique est le moyen de redéfinir nos modes de production,
de consommation et d’échange en fonction de l’intérêt général de l’humanité et
de l’impact de l’activité économique sur l’écosystème qui rend possible la vie
humaine. Elle permettra de préciser les orientations et les investissements
publics nécessaires à ces objectifs.
Nous enclencherons ainsi une transition écologique pour combattre la crise
environnementale et promouvoir un développement humain durable créateur d’emploi
et facteur d’égalité sociale.
Un plan écologique sera débattu et votée au parlement, assortie d’une loi de
programmation financière.
Nous réaffirmons l'exigence de la maîtrise publique, sociale et démocratique
du secteur de l'énergie, seule garante de la transparence, de l'indépendance
de l'expertise et de la qualité des installations et des exploitations.
Nous
créerons un pôle 100% public de
l’énergie comprenant EDF, GDF, Areva et Total renationalisé,
sous pilotage démocratique associant
les citoyens et nous agirons pour une telle création au plan
européen.
Nous proposerons un débat public
national immédiat sur la politique énergétique en France.
Ce grand débat devra permettre la remise à plat des choix énergétiques et du
nucléaire et penser l’alternative aux énergies fossiles et carbonée. Il devra
être conduit de l’information jusqu’à la prise de décision par les citoyens avec
une ratification référendaire. Dans le
domaine du nucléaire civil, l’ensemble des possibilités - dont la sortie du
nucléaire ou le maintien d’un nucléaire sécurisé et public - sera alors tranché.
Sans attendre, la ré-internalisation de toutes les opérations de maintenance et
de sureté nucléaire sera engagée.
Aucun choix définitif en matière de politique énergétique ne sera engagé avant
la conclusion de ce grand débat public.
Les salariés du pôle public seront toutes et tous sous le même statut, ils et
elles seront associés étroitement aux choix de gestion de l’entreprise publique
et leur liberté d’expression sera garantie.
Nous mettrons en place une tarification sociale et progressive qui permette
d’assurer l’accès à l’énergie de toutes et de tous. Nous mettrons fin aux
coupures d’électricité qui se multiplient aux dépens des plus pauvres.
Nous programmerons les investissements
publics, les emplois et les formations nécessaires à la sobriété, à l’efficacité
énergétique et à la diversification des sources d’énergie, notamment en
faveur des énergies renouvelables. Nous mettrons en place les procédures
nécessaires aux diagnostics de sécurité, de préservation de la planète et de
notre environnement. La nécessaire réduction des consommations ne peut conduire
à réduire le niveau de vie des classes populaires. C’est la sobriété énergétique
que nous visons : moins de consommation pour des usages identiques. Ce sont les
gaspillages ostentatoires des très riches qu’il faut combattre.
Nous abrogerons les lois de libéralisation de l’énergie.
Nous lancerons un réseau de géothermie
profonde. Nous engagerons un effort massif en faveur de la recherche, des
filières technologiques et industrielles, des investissements, de la formation
pour le développement des énergies renouvelables et leur utilisation publique
ainsi que pour le traitement des déchets issus de la filière nucléaire.
Nous mettrons en place un plan national
de remise aux normes énergétiques des logements et de l’ensemble des bâtiments
publics. Nous créerons pour les particuliers une allocation sur condition de
ressources pour financer la rénovation thermique des logements.
La France agira pour l’institution de protections communes pour des normes
sociales et environnementales communes aux européens, face à la pression des
capitaux et des productions à bas couts sur les marchés mondialisés avec, par
exemple :
-
Des prélèvements
nationaux concertés sur les réimportations en Europe de
productions délocalisées
-
Une taxe « kilométrique » de manière à réduire les transports de marchandises
évitables
Les
prélèvements et les taxes seraient alloués à un Fonds pour le Co développement
permettant de financer des politiques de développement social et
environnemental.
Toutes les politiques publiques concourront à lutter contre l’émission de gaz à
effet de serre (GES).
Nous mettrons en place un Pôle national des transports publics
favorisant le développement des
transports collectifs et leur accès par toutes et tous.
Nous abrogerons les lois de libéralisation du rail. Nous engagerons le
processus de désendettement
du système
ferroviaire
et mettrons fin aux mesures de défiscalisation et exonération favorisant le
transport aérien par les entreprises low-cost.
Nous favoriserons le développement des transports publics de proximité et leur
gratuité.
Nous
développerons le transport ferroviaire et fluvial et le transport maritime
côtier. Nous favoriserons
le ferroutage,
en régénérant, modernisant et adaptant les réseaux existants, en baissant les
tarifs ferroviaires voyageurs en fixant un prix unique au kilomètre.
Nous inscrirons dans la loi le wagon isolé
(messagerie ferroviaire) comme un service d’intérêt général, éligible à des
subventions publiques. Nous lancerons un grand plan ferroutage avec comme
objectif que tous les camions traversant notre pays entre le frontière belge et
la frontière espagnole passent sur des trains.
L’Etat et les banques garantiront le financement de ces mesures.
Le Versement Transport, payé par les
entreprises, sera doublé, généralisé et modulé.
Nous
mènerons une intense politique publique pour le droit inaliénable à l’eau comme
bien commun de l’humanité en engageant un processus d’appropriation sociale de
la gestion de l’eau et de l’assainissement.
Nous
accompagnerons la gestion publique de l’eau par les collectivités territoriales
compétentes afin de leur permettre d’en assurer la maitrise publique et donc le
contrôle par les citoyens et les élus. La gestion de l’eau sera ainsi
démocratisée en associant les usagers et en organisant le débat public sur
l’utilisation de ce bien commun. Les collectivités pourront décider, par exemple
et si elles le souhaitent, la gratuité des mètres cubes nécessaires à la vie, la
facturation progressive des mésusages ou encore des tarifs différenciés entre
les ménages et les industriels.
Nous visons
à constituer un grand service public de l’eau. Il pourra mutualiser les moyens
et les investissements. Il reposera sur une organisation décentralisée et
contrôlée localement par les collectivités, les usagers et les salariés.
L’Etat
interviendra contre la marchandisation de l’eau pour en finir avec les
inégalités de tarifs et mettra en place un mécanisme de péréquation nationale
pour permettre des tarifs d'accès égaux au m3 avec l’objectif que les dépenses
d’eau par famille n’excèdent pas 3% de leurs ressources conformément aux
recommandations de l’OCDE.
Nous voulons
sortir du modèle économique qui fait supporter aux usagers sur leur facture,
l’essentiel des défis environnementaux et des futurs investissements nécessaires
à la distribution et au traitement de l’eau,
par des nouvelles modalités de financement. Pour cela, nous créerons une
filière publique des métiers et de la recherche sur l’eau et
l’assainissement.
Nous
allongerons les garanties légales pour favoriser un usage à long terme des
produits et développerons les consignes pour que l’usager ne paie plus le prix
des emballages. Nous renforcerons la législation contre l’utilisation de
molécules chimiques qui nuisent à la santé. Nous lutterons contre l’emprise
publicitaire et l’aliénation consumériste, en limitant la publicité dans
l’espace public et sur toutes les chaînes de télévision. Nous interdirons les
OGM en plein champ et la vente libre des pesticides et herbicides chimiques
nocifs pour la santé (le « roundup », notamment).
Agir tout de suite :
Création de pôles publics de l'industrie
Plan national de transition écologique de l'agriculture, révision du mandat des
SAFER et du Code des marchés publics, soutien à l'installation des jeunes
agriculteurs et à une agriculture
Agir pour un changement durable :
Redéfinition de filières industrielles prioritaires pour répondre à des
objectifs sociaux et environnementaux.
Adoption d'une nouvelle politique agricole commune fondée sur l'objectif de
souveraineté alimentaire et centrant la production sur les besoins intérieurs.
Mise en place d’un nouvel indicateur de Progrès Humain (IPH) après débat
populaire et vote du parlement
L’organisation de la société doit viser un but : l’intérêt général et
l’émancipation de chacune et de chacun.
Elle doit donc promouvoir d’autres objectifs que le profit maximal qui est
l’horizon indépassable du capitalisme. Il faut encourager les activités
socialement utiles car il n’y a pas de progrès humain quand seules les activités
offrant une rentabilité suffisante au capital se développent. Il faut agir pour
une citoyenneté effective car il n’y a pas de progrès durable si les citoyens
sont transformés en consommateurs sommés d’écouler une production qui croît sans
cesse indépendamment de tout impact environnemental.
Ces nouveaux objectifs nécessitent d’autres indicateurs que ceux à partir
desquels est actuellement jugé le « progrès » des sociétés, notamment le PIB
utilisé pour mesurer la croissance. Nous proposons donc la mise en œuvre de
nouveaux indicateurs qui contribueront à engager une réorientation radicale de
nos modes de production, d’échange et de consommation, mais aussi l’invention
d’une nouvelle conception du progrès.
Un indicateur synthétique de Progrès Humain (IPH) devrait prendre en compte 4
groupes de critères : le développement personnel et l’émancipation (protection
des libertés, éducation, amélioration des conditions de travail), la sociabilité
et la cohésion sociale (développement de la vie associative, taux d’emploi,
niveau de protection sociale, prise en compte de toutes les dépendances…),
l’égalité et la justice sociale (inégalités de patrimoine et de revenu,
reproduction sociale, égalité hommes-femmes, égalité d’accès à la culture, aux
services publics…), respect de l'environnement (empreinte écologique,
pollutions, taux d’émission de CO2...).
La composition exacte de l’IPH fera l’objet d’un débat populaire. A l’issue de
ce débat public, l’IPH sera soumis au Parlement. Ainsi l’IPH sera un instrument
démocratique permettant à la société de débattre de ses fins. Cette démarche
sera mise en œuvre à tous les échelons.
L’emploi pour tous est une nécessité. Les besoins non satisfaits sont immenses.
Chaque femme et chaque homme aspire à participer par son travail au bien de
tous. Notre politique vise à créer des millions d’emplois. Dans la production
aussi nous mettrons l’humain d’abord.
Nous développerons la première richesse de la France, qui n’est pas la finance
mais le travail humain, c’est-à-dire l’emploi et la qualification de ses
travailleurs. C’est l’inverse des politiques néolibérales qui, en généralisant
le chômage et en déqualifiant le travail, enrichissent le capital mais
appauvrissent l’économie réelle.
Nous lutterons en priorité contre le gâchis social et économique que représente
le chômage.
Loin de toute « flexicurité » nous sécuriserons les parcours de chacune et
chacun dans l’emploi et la formation avec continuité de revenu tout au long de
la vie.
Une sécurité sociale professionnelle sera instituée, prenant en charge les
périodes de non-emploi, de formation et de retrait d’activité notamment pour les
femmes ou les hommes élevant leurs enfants. Ainsi nous empêcherons que la force
de travail du pays soit détruite par le chômage de masse.
Grâce aux efforts de la jeunesse et du service public d’éducation, la France
bénéficie d’une élévation régulière du niveau de connaissance et de
qualification des travailleurs. Mais paradoxalement l’économie crée de plus en
plus d’emplois précarisés et les diplômés subissent une déqualification massive.
Les qualifications sont toujours moins reconnues dans les conventions
collectives. Les marchands d’éducation s’affairent pour substituer des
certifications payantes et périssables aux qualifications durables assurées
gratuitement par le service public. Pour produire autrement, nous
développerons et reconnaîtrons au
contraire la qualification du travail. La formation professionnelle continue
doit relever du service public. Ce service public engagera des plans de
formation en appui aux politiques de développement économique que nous
impulserons dans les secteurs qui répondent aux besoins sociaux du pays :
énergies nouvelles, ferroutage, secteurs industriels à relocaliser.
Nous impulserons un nouveau type de développement non productiviste et
respectueux de la planète en s’appuyant sur une
nouvelle utilisation de l’argent et du crédit, le développement de l’emploi et
de nouveaux droits pour les salariés dans l’entreprise inscrits dans la
constitution. (Voir page 27 « Citoyenneté d’entreprise »)
A l’inverse des idéologues du marché qui font de l’entreprise capitaliste privée
le modèle unique, nous encouragerons la diversité des formes de propriété
indispensable à une politique efficace de création d’emplois. La loi reconnaîtra
cette diversité et la protègera face à la « concurrence libre et non faussée »
qui revient en fait à imposer partout la seule logique du profit privé.
Notre programme prévoit l’extension de la propriété publique par le
développement des services publics. Il promeut de nouvelles appropriations
sociales par la nationalisation de grands leviers de l’action économique,
industrielle et financière. Il propose des formes décentralisées de la propriété
sociale. Il veut aussi systématiser le recours à l’économie sociale et solidaire
(ESS).
Le soutien
public à l’économie sociale et solidaire, et notamment aux coopératives, sera
fortement augmenté.
Une
aide financière sera accordée aux salariés qui reprennent ou créent leurs
entreprises sous forme coopérative. Nous favoriserons la création de sociétés
coopératives d'intérêt collectif (SCIC) permettant d'associer salariés, usagers
et collectivités territoriales dans des projets de développement local. Les
commandes de l’Etat, des collectivités et des services publics, s’adresseront
prioritairement à ces coopératives grâce à la modification de l’article 53 du
Code des marchés publics. Un soutien sera apporté aux initiatives d'habitat
autogéré et coopératif, dans le cadre des programmes de création de logements
sociaux, en neuf et en réhabilitation. Enfin, l’ESS sera intégrée au programme
des sciences économiques et sociales au lycée.
C'est dans ce sens qu'une loi-cadre de l'ESS sera nécessaire afin de définir
précisément les critères d'attribution des moyens de l'Etat et des collectivités
publiques : les finalités sociales et environnementales des entreprises et
associations bénéficiaires ne pourront être dissociées d'un fonctionnement
réellement démocratique.
Nous récusons le modèle d’une économie de services que nous assigne la division
internationale du travail pilotée par les financiers.
Nous voulons développer et rétablir le potentiel industriel de la France. Parce
que l’urgence écologique implique de relocaliser l’économie et que l’urgence
sociale commande de lutter contre le chômage ouvrier, nous refusons de limiter
notre ambition industrielle à quelques secteurs de pointe et voulons
reconstruire un tissu industriel diversifié.
Nous engagerons une politique d'aménagement et de développement industriel du
territoire fondée sur des exigences
d'emploi, de qualification, de recherche et d'environnement, moteurs d'une
nouvelle croissance par la promotion d'une autre façon d'entreprendre, de
produire et d’échanger pour répondre aux besoins humains, sociaux et
environnementaux.
Nous porterons des stratégies de filières dans des secteurs émergents et
stratégiques, intégrant recherche, innovation, développement, formation et
production pour réduire par exemple la consommation d'énergie par l'isolation du
parc ancien des bâtiments ou dans le domaine des transports collectifs et de
l'aménagement des espaces de vie.
Nous lancerons des plans industriels pour rétablir des productions délocalisées.
Il est absurde que la totalité du paracetamol dans le monde soit produit en
Chine ou que des constituants essentiels de l’industrie agro-alimentaire ne
soient plus fabriqués en Europe.
Nous abolirons les pôles de compétitivité qui concentrent les activités sur
quelques lieux dans une mise en concurrence des territoires au profit de la
constitution de pôles de coopération
permettant de mieux lier recherche, formation, production et emploi. Dans ce
cadre nous créerons des pôles publics de l'industrie à l'échelle
territoriale. Ceux-ci rassembleront les partenaires publics et privés de ces
territoires et travailleront en liaison avec les forums citoyens des sciences et
de la technologie ou d’autres instances de recherche en permettant l’embauche
dans ces pôles de titulaires du titre de docteur et en faisant reconnaître ce
titre dans les conventions collectives.
Sur le modèle du CNRS, nous créerons un établissement public de recherche
technologique et industrielle s’appuyant sur les structures existantes.
Nous mettrons fin aux exonérations de cotisations sociales. Les entreprises qui
délocalisent et licencient,
devront rembourser toutes les aides publiques qu’elles auront perçues.
Les aides aux entreprises seront soumises à des règles strictes.
Elles seront modulées en fonction du niveau des exigences sociales et
environnementales qu’elles respecteront (réduction des temps partiels imposés,
des écarts de salaire par exemple). Le pôle financier public fournira un crédit
bonifié aux entreprises pour l'emploi, la formation, la recherche et le
développement sur critère d'utilité sociale et environnementale des
investissements et de la production.
Nous soutiendrons les politiques d'investissements des entreprises vers les
innovations industrielles aux productions utiles. Nous favoriserons la
relocalisation des activités et les circuits courts de distribution.
Nous renforcerons la présence de l'État dans le capital d'entreprises
stratégiques pour leur sauvegarde et leur développement.
Le soutien de l'État et des pouvoirs publics aux PME-PMI, lesquelles sont
aujourd'hui les plus créatrices d'emplois, sera renforcé.
Nous mettrons en œuvre un plan de transition écologique de l’agriculture
en vue de faire de l’agriculture française un modèle d’agriculture écologique,
sans OGM, autonome en intrants et ressources non renouvelables, non
contaminantes et contribuant à la lutte contre le changement climatique. Pour
lutter contre la concentration des exploitations nous ferons jouer un droit de
préemption systématique des terres libérées en faveur de l’installation
d’agriculteurs ou de l’agrandissement de petites exploitations.
Nous agirons pour une nouvelle organisation de l’agriculture dans le cadre
des Nations unies, afin de soutenir le développement de marchés régionaux,
de réguler les marchés mondiaux, de mettre en œuvre un plan agricole et
alimentaire mondial, de promouvoir la relocalisation et la transition écologique
de l’agriculture et de combattre les processus d’accaparement de terres.
Nous serons à l'initiative de la construction d’une alliance stratégique
avec les pays engagés dans la défense de la souveraineté alimentaire et de
l’agriculture paysanne.
Nous impulserons une coopération au développement qui priorise les accords
avec les États mettant en œuvre des politiques de souveraineté alimentaire
et de soutien à l’agriculture paysanne.
Nous agirons pour l'adoption d’une politique agricole commune cohérente
avec l’objectif de souveraineté alimentaire, centrant la production sur les
besoins du marché intérieur et la protection de ce dernier, garantissant aux
agriculteurs des prix rémunérateurs, encadrant les pratiques de la grande
distribution au moyen des prix minimums aux producteurs et de coefficients
multiplicateurs maximums
La France opposera son veto à la conclusion du cycle de Doha de l’OMC, à
la signature des accords de libre-échange (notamment les APE) négociés par
l’Union européenne, à toutes les pressions du FMI, de la Banque mondiale et aux
conditions posées à l’aide au développement exercées sur les pays du Sud
Nous mettrons en œuvre un plan national de transition écologique de
l'agriculture. Nous engagerons le soutien au développement des filières
alternatives labellisées, vivrières, courtes de proximité, biologiques,
reposant sur une juste rémunération du travail et permettant au plus
grand nombre de bénéficier d'une alimentation de qualité.
Nous engagerons la révision du mandat des Sociétés d’aménagement foncier et
rural (SAFER) et de leur gouvernance afin d'y rendre les pouvoirs publics
majoritaires et pour stopper puis inverser le processus de concentration de
l’agriculture.
Nous soutiendrons l’installation de jeunes agriculteurs
et la consolidation des petites exploitations, y compris par le biais de
réserves foncières, notamment à proximité des villes.
Agir tout de suite :
Réaffirmation de la loi de 1905 sur la laïcité
Instauration d'une négociation annuelle des partenaires sociaux pour le respect
de l'égalité professionnelle entre femmes et hommes
Abrogation des lois LOPPSI, HADOPI et des lois
sécuritaires et liberticides
Régularisation des sans papiers
Bilan annuel sur les discriminations
Abrogation de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) de 2001 pour
mettre en place des règles alternatives n’induisant pas la réduction des
dépenses publiques.
Abrogation de la « RGPP » et plan de création d’emplois publics (dans
l’enseignement, la santé, la justice, la police…)
Doublement du montant de l'aide de l'État aux actions de prévention et d'aide
sociale des collectivités aux associations
Agir pour un changement durable :
Création du ministère des Droits des femmes et de l'égalité
Loi-cadre de lutte contre les violences faites aux femmes
Loi de lutte contre le sexisme
La laïcité est un pilier de la République, une et indivisible, un principe
vivant et porteur de droits inaliénables garantis à tout membre de la société,
français ou étranger :
la séparation du politique et du religieux, la liberté de conscience et de
culte, l’égalité des citoyens en tout domaine sans discrimination d'aucune
sorte ; la neutralité de l’État à l’égard de toutes les convictions
philosophiques, religieuses ou politiques.
Concernant les religions, le gouvernement Français agira pour qu’aucune d’entre
elles ne soit mise à l’index au prétexte de la laïcité comme le fait
régulièrement le Front National à propos de la religion musulmane.
Nous réaffirmons le bienfondé et l'actualité de la loi de 1905 sur la
laïcité. Toutes les modifications ultérieures de la loi de 1905 affectant ces
principes seront abrogées. Pour
nous cette loi fondamentale de notre République a vocation à s’appliquer à tout
le territoire national.
Aucun
financement public ne sera octroyé à la construction de nouveaux établissements
scolaires privés ou à la rénovation de ceux qui existent déjà. Toute ségrégation
de genre ou communautaire de l’espace public sera interdite (par exemple le
choix du sexe du médecin à l’hôpital public…).Le président de la République
renoncera définitivement à son titre de chanoine de St Jean de Latran.
Nous
défendrons la laïcité dans les institutions européennes et refuseront le
financement public des religions et organisations confessionnelles. Nous
interdirons les sectes.
Dans les relations internationales comme dans notre pays, la laïcité est une
condition de la paix, car elle permet le respect du droit de chaque peuple et de
chaque être humain indépendamment de ses convictions religieuses. Nous
débarrasserons donc la politique internationale de la France de ses références à
la théorie nord américaine du choc des civilisations qui cherche à diviser le
monde en fonction des appartenances religieuses.
Égalité femmes - hommes : se
débarrasser du patriarcat
Nous mettrons en place un ministère des Droits des femmes et de l'égalité,
placé auprès du Premier (ou de la Première) ministre, doté de moyens, et appuyé
de délégué-e-s interministériel-le-s chargé-e-s de la mise en œuvre de l'égalité
sociale et économique.
Nous impulserons une négociation annuelle entre les partenaires sociaux sur
le respect de l'égalité professionnelle (embauche, salaires, retraites,
promotions) au niveau des branches et des entreprises. Les atteintes à l'égalité
professionnelle seront combattues et les sanctions renforcées.
A partir de la loi contre les violences faites aux femmes votée en juillet 2010,
nous ferons adopter une loi cadre sur ces questions incluant les propositions
élaborées par les associations du mouvement féministe. Nous donnerons les moyens
nécessaires à l’application de cette loi en matière d’éducation, de prévention,
d'information et aux mesures à prendre en faveur des victimes de violence.
Un texte de loi anti-sexiste sera élaboré, définissant moyens et sanctions,
condamnant les discriminations et insultes à caractère sexiste, ainsi que la
banalisation et l'omniprésence de la pornographie et l'instrumentalisation des
corps à des fins marchandes.
Nous agirons auprès de nos partenaires européens pour que la « Directive de
l'européenne la plus favorisée » voie le jour.
La haine des étrangers, la chasse aux immigrés défigurent notre République : il
faut en finir !
Les flux migratoires se développent dans le monde, ils mêlent des motivations
diverses. La France ne doit pas les craindre, elle ne doit pas mépriser
l’immense apport humain et matériel qu’ils lui ont déjà apporté. Non, la
présence des immigrés en France n’est pas un problème.
L’immigration zéro est un mythe qui divise et affaiblit notre pays. Même s’ils
seront peut-être moins importants que dans le passé, la France continuera à
connaître comme tous les pays du monde des flux migratoires. Il faut donc mener
des politiques refusant de ghettoïser la société ou guidées par l’obsession du
refoulement des étrangers.
Nous rétablirons la carte unique de 10 ans et le droit au regroupement familial,
condition d’une vie digne. Nous abrogerons les lois successives sur
l’immigration adoptées par la droite depuis 2002 et nous procéderons à une
refonte du CESEDA. Nous régulariserons les sans-papiers dont le nombre a
augmenté du seul fait des réformes de la droite. Nous décriminaliserons le
séjour irrégulier, nous fermerons les centres de rétention, nous rétablirons le
droit au séjour pour raison médicale.
Nous respecterons scrupuleusement le droit d’asile qui sera déconnecté des
politiques migratoires.
Notre vision de l’avenir de la France nous permet de dire
clairement que nous établirons un nouveau code de la nationalité, fondé sur le
respect intégral et automatique du droit du sol dès la naissance et sur un droit
à la naturalisation permettant à tous les étrangers qui le souhaitent d’acquérir
la nationalité française au-delà de 5 ans de résidence.
La lutte contre toutes les
discriminations
Nous adopterons une loi pour l’égalité
qui éradiquera toute discrimination liée à l’orientation sexuelle, aux
situations de handicap, au genre, aux différentes formes de familles.
Le
mariage et l’adoption seront reconnus aux couples homosexuels.
Un bilan annuel sera présenté au Parlement, suivi de décisions pour mieux faire
appliquer les lois prévues à cet effet.
Tout le champ des discriminations sera considéré, qu'elles soient fondées sur
l'engagement syndical ou politique, qu'elles soient racistes, fondées sur les
convictions religieuses, sexistes, fondées sur l'orientation sexuelle, qu'elles
stigmatisent des jeunes, des immigrés, des gens du voyage, des personnes en
situations de handicap, qu'elles touchent à l'âge, à l'origine sociale.
Nous
restaurerons la Haute autorité de lutte contre les discriminations en renforçant
son rôle en la décentralisant et nous remettrons en place également les
médiations et notamment la fonction du Défenseur des enfants.
Nous agirons fermement contre les discriminations à l’encontre des salariés
étrangers. La violation des droits sociaux des travailleurs étrangers, dont sont
notamment victimes les sans-papiers, fragilise l’ensemble des travailleurs et
leurs droits sociaux.
La sécurité : une affaire de
solidarité nationale
Prévention, dissuasion, sanction :
la lutte pour la sécurité ne saurait être efficace sans reposer sur ces trois
exigences :
Nous abrogerons la loi Loppsi 2 et
les lois sécuritaires
attentatoires à nos libertés, protègerons les citoyens face au fichage
généralisé et à la vidéo-surveillance. Nous assurerons à tous et toutes les
moyens d’une défense de qualité en élargissant et revalorisant l’Aide Juridique
et les indemnités des avocats présents pendant la garde à vue.
Les dispositifs de lois anti-jeunes et criminalisant les familles en difficulté
seront abrogés.
Une loi contre la corruption et les conflits d’intérêt sera adoptée
pour sanctionner la « délinquance en col blanc ».
Nous devrons impérativement stopper la baisse des effectifs de la police et
recruter.
Les forces de police devront conduire leur action dans le cadre d’une
déontologie fondée sur le respect des personnes, elles bénéficieront d’une
formation en ce sens et de meilleures conditions de travail. Nous procéderons à
l’intégration de toutes les polices de sécurité
publique dans un service public unifié.
Il en sera de même pour le ministère de la Justice qui est l'un des premiers
sinistrés de la RGPP. Il faudra revoir de manière drastique la répartition des
forces de police sur le territoire national: les communes populaires sont
aujourd'hui les premières à souffrir de la « rationalisation » des effectifs à
l'échelle des départements et un effort conséquent devra être opéré pour
répondre à leurs besoins, appuyés d'un plan de construction de locaux et
d'ouvertures de commissariat.
Nous redonnerons toute sa place à la police de proximité.
L'aide de l'Etat aux actions de prévention et d'aide sociale aux collectivités
territoriales et au mouvement associatif devra doubler, qu'il s'agisse des
possibilités de subventions ou du réinvestissement direct de l'Etat dans les
territoires, via les services publics les plus touchés.
6 – Convoquer l'assemblée constituante
de la VIe République
Agir tout de suite :
Convocation d'une assemblée constituante
Abrogation de la réforme territoriale 2010
Rétablir la proportionnelle à toutes les élections
Création du Conseil national des médias
Agir pour un changement durable :
Fondation d'une VIe République parlementaire,
sociale et participative
Élaboration du statut de l'élu et du statut du bénévole
Une constitution démocratique, des
lieux de travail aux institutions
Nous voulons de nouvelles institutions pour garantir la souveraineté populaire,
assurer la primauté de l’intérêt général sur les intérêts financiers, permettre
une implication populaire continue dans tous les actes de la vie
professionnelle, sociale et politique par l’inscription de nouveaux
droits pour les citoyen-ne-s et les salarié-e-s.
Contre le présidentialisme, nous défendrons le régime parlementaire.
Nous voulons rétablir la primauté de
l’Assemblée nationale sur l’exécutif. Les pouvoirs exorbitants du président
de la République doivent être
supprimés dans le cadre d’une redéfinition générale et d’une réduction de ses
pouvoirs. Le gouvernement sera responsable devant l’Assemblée nationale. Nous
proposerons la suppression du Sénat ou sa réforme profonde pour devenir une
chambre relais des collectivités locales et des initiatives citoyennes.
L’élection à la proportionnelle sera rétablie pour toutes les élections. La
parité sera garantie par la loi. Le cumul des mandats sera strictement limité en
nombre et dans le temps.
La constitution que nous défendons mentionnera la reconnaissance des droits
sociaux :
droit à l’emploi et au travail, à la santé, au logement, à l’éducation, à la
protection sociale.
Elle reconnaitra la citoyenneté d’entreprise :
Nous instaurerons des droits nouveaux pour les salariés dans l’entreprise et le
statut des grandes entreprises sera redéfini en tenant compte de leur
responsabilité sociale. Le pouvoir économique ne sera plus entre les mains des
seuls actionnaires, les salariés et leurs représentants seront appelés à
participer aux choix d’investissement des entreprises en tenant compte des
priorités sociales écologiques et économiques démocratiquement débattues. L’avis
favorable des représentants du personnel ou des CE sera obligatoire pour toutes
les décisions stratégiques. Nous instaurerons un droit de veto suspensif sur les
licenciements et l’obligation d’examiner les contre-propositions présentés par
les syndicats. Dans les entreprises publiques, le droit des usagers sera reconnu
et exercé. Le droit de grève et de se
syndiquer, la liberté d’expression seront confortés. Les comités
d’entreprise se verront reconnus des droits étendus d’expertise, de contrôle, de
propositions et de décisions. Les délégués syndicaux interentreprises dans les
TPE seront reconnus, nous agirons pour l’extension des droits des « Comités de
Groupe » au niveau des groupes européens. La hiérarchie des normes sera rétablie
(pas d’accord d’entreprises moins favorables que les accords de branche). Une
véritable médecine du travail dotée de moyens de prévention d’analyse et de
décision sera développée.
Nous mettrons
immédiatement en place une citoyenneté de résidence.
Les résidents
extracommunautaires bénéficieront du droit de vote aux élections locales.
Nous garantirons l'indépendance de la justice à l'égard du pouvoir exécutif
en instaurant un Conseil supérieur de la justice à la place du conseil supérieur
de la magistrature, pour moitié élus par les magistrats, pour moitié nommés par
e Parlement. Il sera responsable devant le
Parlement. Ce Conseil supérieur de la justice décidera des nominations de
l'ensemble des magistrats. Les institutions du maintien de l'ordre et de la
justice seront réformées conformément au respect des droits fondamentaux tels
qu'ils seront formulés dans la nouvelle constitution.
La constitution que nous voulons garantira l’indépendance des médias
à l’égard du pouvoir politique et des puissances de l’argent. Les présidents des
chaînes publiques seront nommés par leur conseil d’administration dans lesquels
les représentants du personnel constitueront 50% des membres. Nous améliorerons
les conditions de travail des journalistes pour permettre une information
indépendante, pluraliste et de qualité.
Le
droit citoyen à intervenir dans le processus de développement de la recherche
sera inscrit dans la constitution. Nous garantirons la création de forums
citoyens des sciences et de la technologie à tous les niveaux territoriaux,
dotés de pouvoir d'enquête, dès lors que les populations concernées en
manifesteront la demande. La composition de ces instances reliées par un réseau
national sera représentative de tous les acteurs de la vie publique. Travaillant
aux côtés des instances de recherche existant dans ces territoires, leur
travail, évalué par des scientifiques, donnera lieu à un rapport annuel examiné
par l'Assemblée nationale. Le gouvernement sera tenu d'y répondre.
Nous créerons un ministère de l'Éducation populaire et des libertés
associatives. Nous remplacerons la circulaire Fillon du 18 janvier 2010 qui
impose aux associations les critères de gestion des entreprises privées, par une
loi qui confortera les possibilités d'agir des associations au service de
l'intérêt général et préservera les libertés associatives.
Nous redéfinirons à tous les niveaux une politique de soutien financier au monde
associatif transparente et privilégiant les aides au fonctionnement par rapport
aux aides à projet qui mettent en concurrence les associations.
Nous renforcerons les pouvoirs des instances regroupant les associations au plan
national (CNDA et CPCA) qui prendront une place
prépondérante dans la gestion d'un observatoire national de la vie
associative.
L’implication populaire permanente
La démocratie participative
sera inscrite dans la constitution et des lois déclineront ce principe pour
donner les moyens, les outils, les espaces, pour sa mise en œuvre. Elle
s’appliquera à l’élaboration des lois, à la mise en œuvre des grandes politiques
publiques et à la gestion des collectivités territoriales, notamment au moyen de
budgets participatifs.
Un statut de l’élu(e)
dans toutes les collectivités (communes, départements, régions, assemblées
nationale et européenne) sera garanti ainsi qu'un
statut du bénévole.
Une nouvelle instance nationale pluraliste chargée du contrôle de
constitutionnalité
sera créée en lieu et place du Conseil constitutionnel actuel ; les citoyens
ayant pouvoir de la saisir.
Nous créerons de nouveaux domaines d’intervention populaire.
Le référendum, ou toute autre forme
de consultation populaire directe, pourra être initié par voie de pétition
réunissant un pourcentage conséquent de la population.
Tout changement du périmètre des
services publics sera décidé après consultation du peuple.
L'initiative d'une loi sera ouverte aux citoyennes et aux citoyens, aux
organisations syndicales et associations.
L’organisation du territoire
La réforme 2010 des collectivités territoriales sera abrogée.
Le principe général de responsabilité selon lequel l'État est le garant de
l’égalité des citoyens sur l’ensemble du territoire devra être réaffirmé et
consolidé (péréquation financière, garantie de l'application des droits, égalité
de traitement…)
La décentralisation
sera organisée en fonction du principe de proximité permettant
d'optimiser les décisions publiques dans le sens d'une plus grande satisfaction
de l'intérêt général tout en définissant le rôle
respectif de l'État et des différents échelons territoriaux en France et dans
l’Europe. Elle refusera la mise en concurrence des territoires et
s'appuiera sur le développement des coopérations.
L'autonomie des collectivités territoriales devra être assurée
grâce à l'actualisation du principe de libre administration contenu dans la
constitution et à une réforme de la fiscalité locale faisant participer les
actifs matériels et financiers des entreprises.
Un processus constituant, une
assemblée constituante
Pour respecter pleinement la souveraineté populaire et poser les bases de la
République démocratique et sociale que nous voulons construire, nous engagerons
un processus constituant, mettant au cœur l’engagement citoyen et le
débat public.
Une assemblée constituante
distincte de la nouvelle Assemblée nationale, ayant pour mandat de rédiger un
projet de constitution nouvelle pour une VIe République, sera élue au suffrage
universel, dès 2012. Elle sera élue à la proportionnelle intégrale sans seuil,
avec la parité. Les parlementaires en exercice ne pourront s’y présenter et les
élu-es de la Constituante ne pourront être candidats aux élections suivantes.
Les modalités de l’élection et du débat public seront établies après
consultation des organisations sociales.
Le texte proposé sera l'aboutissement d’un grand débat public réunissant
citoyens, organisations sociales et politiques qui, sous des formes à définir
(assemblées populaires, états-généraux, forums citoyens…) relayées par les
médias, devra permettre au peuple
lui-même de s’en approprier les enjeux
Ce projet de constitution nouvelle, une fois voté par l'Assemblée constituante,
sera soumis à référendum populaire.
7 – S'affranchir du traité de Lisbonne
et construire une autre Europe
Agir tout de suite :
Remise en cause du Pacte pour l'euro+ et création d'un Fonds de développement
social, écologique et solidaire européen
Agir pour un changement durable :
Bataille politique et diplomatique pour un nouveau traité européen
Refonte des statuts et missions de la Banque centrale européenne (BCE)
Nous voulons une Europe affranchie du traité de Lisbonne qui respecte la
souveraineté des peuples et qui soutienne des politiques de développement social
et écologique. Le traité de Lisbonne, rejeté à près de 55% des Françaises et des
Français et imposé par voie législative, est illégitime. Nous refusons tous les
pactes et plans d’austérité qui concourent à amplifier la récession économique
et la régression sociale au nom de la même logique libérale de soumission aux
marchés financiers. Nous voulons mettre un terme à la libéralisation des
services publics
et nous engagerons la refonte du code des marchés publics qui soumet l'action
publique aux règles de la concurrence libre et non faussée.
Nous avons besoin d’une Europe laïque, indépendante, de paix et de solidarité
internationale. Une Europe qui agisse pour mettre fin aux ingérences
impérialistes et néocolonialistes. Une Europe qui s'engage pour le respect des
droits des peuples, en particulier ceux du peuple Palestinien.
En prenant appui sur les luttes et les aspirations au changement en Europe, nous
nous engagerons dans la mise en chantier d'un nouveau traité qui serait
adopté en France par référendum après un grand débat populaire. Nous agirons
pour l'adoption d'une clause de non régression sociale et environnementale.
La France prendra l’initiative d’Etats généraux de la refondation européenne en
faisant appel à toutes les forces politiques et sociales disponibles en Europe.
Nous combattons le pacte euro plus et le semestre européen qui veulent imposer
l’austérité à vie aux peuples et nier la souveraineté de leurs représentants.
Nous organiserons un referendum sur ces dispositions nouvelles et nous ferons
campagne pour qu’elles soient rejetées.
Sans
attendre cette échéance, nous agirons pour développer des politiques européennes
nouvelles, libérées de l'emprise des marchés financiers.
Conformément
au mandat qui nous aura été donné par le peuple français de mettre en place une
politique de gauche dans notre pays, nous refuserons d’appliquer des directives
contradictoires à nos engagements notamment en ce qui concerne la dérégulation
des services publics.
Notre
désobéissance fera tache d’huile dans l’Union et dans la zone euro. Elle sera un
appui pour les petits pays dévastés par les plans de rigueur (Grèce, Portugal,
Espagne…). A terme, notre but est de briser le bloc libéral au sein de l’UE et
de pousser à la négociation d’un nouveau traité. Il faut sortir du pessimisme et
de la soumission à la technocratie européenne. La France, en tant que pays
fondateur de l’Union européenne, a les capacités de la transformer si elle
conjugue action souveraine et bataille d’opinion européenne. Loin d’être isolés,
nous serons renforcés dans une Europe actuellement dominée par
l’ultra-libéralisme et le monétarisme promus de longue date par les
gouvernements britanniques et allemands.
Nous agirons pour le réaménagement négocié des dettes publiques, l’échelonnement
des remboursements, la baisse des taux d’intérêts les concernant et leur
annulation partielle.
Nous
exigerons des moratoires et des audits sous contrôle citoyen.
.
La France
proposera une refonte des missions et des statuts de la Banque centrale
européenne (BCE) qui doit être mise sous contrôle démocratique pour lui
permettre de pouvoir prêter à taux faibles, voire nuls, directement aux États,
acheter des titres de la dette publique sur le marché monétaire pour promouvoir
l'emploi et la formation et les services publics en visant la réponse aux
besoins humains et à ceux de la planète.
Nous proposerons la création d’un « Fonds européen de développement social,
écologique et solidaire » répondant à cette exigence ; d’un « visa social et
écologique » (voir page 16) pour les échanges commerciaux;
et l’abandon de toute politique de la
« flexicurité ».
Nous travaillerons à une harmonisation fiscale qui exigera une imposition
minimale des entreprises pour empêcher le dumping social entre pays membres de
l’UE, instaurera un contrôle des mouvements de capitaux et le blocage de ceux à
visée spéculative, la taxation du capital et des transactions financières, le
contrôle des activités des banques et la lutte contre les délocalisations. Nous
établirons un secteur bancaire public pour favoriser le développement d'un
nouveau crédit.
La France mettra son veto au projet de Grand Marché Transatlantique qui
consacrerait la vassalisation de l’Europe par les Etats-Unis.
Une nouvelle politique agricole commune sera élaborée fondée sur la sécurité et
la reconnaissance du droit à la souveraineté alimentaire, rapprochant les
paysans européens au lieu de les mettre en concurrence, tournée vers le
développement des coopérations avec les pays qui souffrent le plus de
sous-alimentation.
La France s’engagera pour une Europe de l’harmonisation sociale. Elle demandera
la mise en place d’un Smic
européen (établissement d’un salaire minimum légal dans chaque pays et procédure
de convergence vers le haut).
Les services publics, avec de nouvelles créations à l'échelle européenne
deviendront un pilier de la construction européenne.
Les pouvoirs de la Commission européenne devront reculer au profit de ceux du
Parlement européen et des parlements nationaux dont les pouvoirs d'initiative,
de co-décision et de contrôle seront renforcés.
La France agira pour une Europe de l'égalité des droits qui s’inscrira en faveur
de la dignité humaine, contre la pauvreté, l’exclusion, les divisions et
discriminations.
Elle agira également pour que les politiques d'Europe « forteresse », de
stigmatisation des étrangers non communautaires soient abandonnées et les
accords de Schengen renégociés au profit d'une action résolue de l'Europe en
faveur de politiques nouvelles de migrations internationales et de
co-développement, en particulier avec les pays des pourtours Méditerranéen.
L'égalité femme-homme sera une valeur fondamentale de l'Union européenne, la
« clause de la femme la plus avantagée » en Europe sera mise en place.
8 – La France pour changer le cours de
la mondialisation
Agir tout de
suite :
Retrait des
troupes françaises de l'Afghanistan
Retrait de
la France de l'OTAN
Reconnaissance de l'Etat de Palestine par la France et par l'UE
Agir pour un
changement durable :
Réformes de
l'ONU et établissement d’une nouvelle hiérarchie des normes internationales
fondées sur la primauté des normes sociales et environnementales
Création
d'un Tribunal international de justice climatique sous l'égide de l'ONU
La France
s’engagera pour de nouvelles relations internationales fondées sur le respect
des souverainetés populaires, sur des coopérations mutuellement profitables
entre les peuples, sur la primauté des normes sociales et environnementales sur
celles de la finance et du commerce.
Nous
annulerons la dette des pays pauvres et mettrons en place un fonds de
coopération solidaire sous l’égide de l’ONU financé par une taxe de type Tobin
ou d’autres types de taxation du capital international.
Nous
mettrons un terme à une politique étrangère de la France basée sur les relations
néo-coloniales et la Françafrique
Nous
développerons une action de coopération avec les peuples qui cherchent à
construire la démocratie et la justice sociale, notamment en Tunisie et en
Égypte.
La France
impulsera les politiques de coopération scientifique et universitaire
internationale par la mise en commun et le partage en libre accès des
compétences et des ressources et par des budgets soutenants les missions
internationales des chercheurs et enseignants chercheurs.
Nous agirons
pour la souveraineté monétaire et financière des peuples, pour un commerce
équitable fondé sur des normes sociales et environnementales exigeantes.
Nous
reconstruirons une politique de coopération véritable entre les deux rives de la
méditerranée. Nous combattrons les principes d’austérité du FMI et de
libre-échange de l’OMC pour les changer profondément ou pour créer de nouvelles
institutions internationales.
Nous
appuierons la création d’un Tribunal international de justice climatique sous
l’égide de l’ONU.
Nous
appuierons les projets comme « Yasuni ITT » fondés sur le principe de
responsabilité commune pour l’intérêt général.
La France
rompra avec cet alignement
libéral et atlantiste, avec la
politique de force et d'intervention militaire, avec les logiques de puissance,
pour agir en faveur de la paix, du
règlement des conflits, du rétablissement du droit international. Elle
agira pour une ONU démocratisée, s’appuyant sur une doctrine multilatérale
renouvelée.
Nous
déciderons, immédiatement, le retrait de la France de l'Otan et nous
nous
battrons pour la dissolution de cette organisation.
Nous
rappellerons nos troupes engagées en Afghanistan.
Nous nous
battrons pour la suprématie du droit international sur la force, et notamment le
droit souverain du peuple palestinien à disposer d'un État viable et
indépendant, dans les frontières
de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale,
avec le respect du principe du droit au
retour des réfugiés. Un Etat
palestinien vivant à côté et en paix avec Israël conformément aux
résolutions de l’ONU.
Nous agirons
pour la dénucléarisation, pour le désarmement multilatéral et contrôlé de tous
les types d’armement dans l'esprit de la Culture de paix impulsée par l'Unesco
et la charte des Nations-Unies
Agir tout de suite :
Abrogation de loi 2003 sur l'assurance-chômage des intermittents du spectacle et
création d'un système mutualisé pérenne
Un plan de recrutement dans l'Éducation nationale
Suppression de la loi LRU et du pacte pour la recherche
Agir pour un changement durable :
Doublement du Budget public de la recherche dans la législature
1% du PIB consacré à l'art, la culture et la création
Loi contre les concentrations dans les médias et pour défendre la presse
d'opinion
Adoption d’une loi cadre sur le sport
Nous combattrons la mise en concurrence des établissements et
reviendrons sur toutes les mesures qui visent sous couvert d'autonomie à
instituer un marché de l'éducation.
Nous affirmons la nécessité d'une politique nationale de l'éducation dans une
logique de service public, pour une véritable
gratuité et égalité d'accès aux savoirs sur tout le territoire. Nous
agirons concrètement pour que la production de connaissances et la formation
soient libérées de la logique du marché et de la rentabilité financière et
permettent l'établissement d'une culture scolaire commune pour tous par
l’appropriation de savoirs ambitieux.
Nous construirons une école émancipatrice
qui permette l’élévation pour tous du
niveau de l'acquisition des savoirs et des qualifications reconnues. Pour
ce faire, nous allongerons le temps scolaire : droit à la scolarité dès 2 ans,
scolarité obligatoire de 3 à 18 ans.
Pour combattre son éclatement,
nous relancerons le défi d’une école qui élève pour toutes et pour tous le
niveau des connaissances communes et prépare les élèves – par des pédagogies
différenciées – à poursuivre leurs études jusqu’à 18 ans et le plus possible
au-delà du lycée. Nous
repenserons la progressivité entre
les niveaux d'études, en préservant la cohérence des disciplines comme cadre
d’une réflexion émancipatrice sur la construction de savoirs qui permettent de
penser le monde.
Nous redéfinirons les programmes, et plus globalement l’école, sur le modèle de
l’élève qui n’a que l’école pour apprendre.
Le
soutien scolaire sera assuré par le service public de l'Education nationale.
Nous soutiendrons la relance de la recherche en éducation, le développement de
la formation initiale et continue, et la création de temps d’échanges
pédagogiques dans les établissements.
Nous lancerons un plan de lutte contre les inégalités sociales à l’école.
Nous mettrons en place des observatoires des inégalités rassemblant dans
les territoires des élus, des parents, des enseignants, l’ensemble des
personnels de l’éducation nationale et des élèves à partir du collège ainsi que
des personnalités associées. Les représentants des personnels constitueront 50 %
de ces observatoires.
Nous soutiendrons les projets des communautés scolaires qui créent les
conditions d’une vie de l’établissement contribuant à la réussite scolaire.
Nous rétablirons une nouvelle sectorisation scolaire avec plus de
moyens pour les établissements qui en ont le plus besoin.
Nous stopperons les suppressions de
postes et engagerons un plan de recrutement dans l'Éducation nationale
sous statut de la Fonction publique d’État
rétablissant, notamment, tous les postes supprimés. Nous développerons le
pré-recrutement des enseignants pour que cette profession reste accessible à
tous les milieux sociaux, quel que soit le niveau de recrutement. Nous
rétablirons les postes de conseillers d’orientation psychologues et procèderont
à des recrutements pour que tous les jeunes aient accès au service public
d’orientation. Les RASED seront rétablis dans leurs moyens.
L'investissement de l'État dans l'enseignement professionnel sera augmenté de
50 % pour que les enseignements techniques professionnels et généraux soient
d'égale qualité.
Nous garantirons le droit à une qualification égale pour ceux qui ont suivi une
même formation : défense du cadre national des diplômes, validation de
toutes les années d’étude dans les conventions collectives.
Pour
l’enseignement supérieur et la recherche,
nous engagerons rapidement la reconstruction du service public dans ses missions
prioritaires pour l’égal accès au savoir de tous les jeunes quelque soit leur
lieu d’habitation, les revenus et le milieu socioculturel de leur famille, ainsi
que pour l’accueil des étudiants étrangers qui le souhaitent dans une vision
non-marchande de contribution au développement et à la coopération entre les
peuples. Nous voulons élargir à toute la société les capacités d’accès aux
formes les plus élaborées du savoir scientifique et permettre à tout-e
étudiant-e d’aller au bout de ses possibilités, avec le souci permanent de la
validation des parcours et des acquis.
La
marchandisation du savoir prônée par la
stratégie de Lisbonne sera combattue et la coopération entre les services
publics de l’enseignement supérieur au niveau européen sera défendue et élargie.
La France agira pour soustraire les
services publics de recherche et d’enseignement supérieur au champ de
négociation de l’OMC.
Nous
abrogerons la loi LRU et le « Pacte Pour la recherche» recherche.
Nous supprimerons l’agence d’évaluation de la recherche de l’enseignement
supérieur (AERES) La conférence des
présidents d’université ne pourra plus se substituer aux instances démocratiques
dans la définition des politiques universitaires.
A la place,
nous mettrons en chantier une nouvelle
loi, nous démocratiserons les
conseils d’administration des universités et des organismes de recherche. La
totalité des personnels, des chercheurs et des enseignants chercheurs pourront
intervenir en amont des décisions.
Le CNRS, comme l’INSERM,
seront rétablis dans la diversité de leurs disciplines au service de
toutes les recherches et de toutes les sciences et dans leurs missions de
prospective et d’évaluation ; leurs instances retrouveront la plénitude des
missions d’orientation de la recherche fondamentale
Les personnels de la recherche publique verront leur indépendance intellectuelle
garantie.
Nous
garantirons le droit effectif de tous les enseignants-chercheurs à exercer une
activité de recherche.
Un Nouveau
statut du doctorant sera élaboré en
étroite collaboration avec les organisations et associations qui les regroupent.
Les missions de coopération
internationales seront partie intégrante des services des
Enseignants-chercheurs.
Les travaux des chercheuses et des chercheurs seront évalués par leurs pairs,
sur la base de leur travail de recherche et non sur des publications d'articles
dans des revues présélectionnées. Cette évaluation sera le fait d’instances
majoritairement élues avec la garantie de la représentation de l’éventail des
disciplines et de tous les courants de pensées. Le droit de
recours sera effectif.
Les « labellisations », outils de
discrimination, comme les « investissements d’excellence » (IDEX) ou « les
laboratoires d’excellence » (LABEX) seront abandonnées.
Nous
rétablirons les missions du CNESER
relativement à la définition du cadre national des diplômes en coordination avec
les instances régionales comparables.
La loi RGPP
sera stoppée, un plan de rattrapage de
l’emploi mis en place au profit exclusif de l’emploi permanent titulaire.
Le principe de la progression de la
carrière pour chacune et chacun sera rétabli ; nous abandonnerons les primes
« au mérite ».
L’effort budgétaire public pour l’enseignement supérieur sera porté à 12 000
euros par an et par étudiant-e. Nous
doublerons le budget public de la recherche sur la législature. Ainsi, les
moyens publics de la recherche seront garantis ; l'apport de contributions
privées sur la base de principes d'intérêt général sera possible sans jamais se
substituer au financement budgétaire public. Les Fondations, vecteurs
d’assujettissement à des financements précaires et opaques seront abandonnées.
Les financements de la recherche seront réorientés
pour permettre le financement stable et récurent des laboratoires et des équipes
à hauteur de 70% au moins. Les subventionnements « sur projet » principalement
affectés aujourd’hui, par l’Agence Nationale de la Recherche deviendront
complémentaires. L’ANR, sera transformée en FPSE (Fonds
Public de Soutien aux Projets Emergents) et
interviendra exclusivement sur les projets « blancs », émergents,
non déjà pris en compte par ailleurs.
Nous
garantirons l’accès de chacune et de chacun à la pratique sportive de son choix
tout au long de la vie et donneront au
mouvement sportif les moyens d’accomplir ses missions de service public.
Nous
assurerons la complémentarité entre
l’éducation physique et sportive à l’école, le sport associatif et le sport en
entreprise.
Nous
défendons une organisation du sport en France qui garantisse
les liens de solidarité et de
concertation entre le sport pour tous et le sport de haut niveau, les secteurs
amateur et professionnel par la mutualisation des moyens financiers,
matériels et humains au sein du système fédéral.
Nous
déclarerons le sport comme relevant d’une mission de service public appuyé sur
les quatre piliers du modèle sportif français :
-
L’éducation
physique et sportive obligatoire de la maternelle à l’université sera assurée
par des enseignants spécialisés, sa durée ira de 3H à 5h par semaine.
-
Nous
redonnerons les moyens nécessaires à un véritable Ministère des sports avec ses
services déconcentrés et ses établissements publics pour qu’ils réalisent leurs
missions sur l’ensemble du territoire. Nous rétablirons au moins un CREPS par
région et porterons le budget de ce ministère à 1% du budget national.
-
Nous
maintiendrons la compétence sport pour toutes les collectivités territoriales et
le financement croisé des installations sportives. Nous engagerons, avec ces
collectivités un plan national d’urgence pour la construction et la rénovation
des installations sportives.
-
Nous
renfoncerons les moyens nécessaires aux fédérations sportives et au CNOSF pour
assurer leurs missions de service public et leur fonctionnement démocratique,
notamment par l’adoption d’un statut du bénévole et l’accès des femmes aux
responsabilités dirigeantes.
Nous
lancerons un plan national d’accès à toutes les pratiques sportives pour toutes
et tous s’appuyant sur un soutien actif :
aux familles à travers une aide
assurée par la CAF, à la pratique féminine et aux pratiques mixtes, à la
diversité des pratiques sportives, au « sport/santé », à l’accessibilité aux
personnes handicapées et aux associations sportives en entreprise.
En
collaboration avec le ministère de l’éducation populaire (voir page 24) nous
développerons l’action des centres régionaux d’éducation populaire et de sport
(CREPS).
Nous
proposerons l’adoption d’une loi cadre sur le sport
réaffirmant l’unicité du sport, définissant les principes de l’action publique
et reconnaissant le rôle de chaque collectivité et du mouvement sportif dans
cette action. Dans cet esprit, nous créerons avec le mouvement sportif
une conférence nationale du sport
rassemblant tous les partenaires sociaux et économiques du sport et nous
impulserons des instances de concertation, de réflexion et d’évaluation
permanentes à chaque échelon du territoire.
Nous
refuserons toutes formes de défiscalisation et de réduction de cotisations
sociales sur les revenus des sportifs professionnels.
Nous
abrogerons la loi sur l’ouverture au marché des paris sportifs en ligne
et nous augmenterons significativement la « taxe Buffet » sur les droits de
diffusion des manifestations sportives à la télévision.
Nous
modifierons la loi sur les retransmissions télévisées pour que les
manifestations sportives féminines d’une importance majeure soient traitées de
la même manière que les manifestations sportives masculines. D’une manière
générale nous mettrons en place un cahier des charges pour les organismes
d’information et les médias, qui permette d’exiger le respect d’un sport
respectueux de l’être humain porteur d’une éthique et de valeurs éducatives
condamnant toutes formes de tricherie, de dopage, de violence, de corruption et
de discriminations (racisme, homophobie, xénophobie, sexisme).
La France
agira pour un sport vecteur de paix et de solidarité internationale,
notamment à l’occasion des grandes manifestations nationales et internationales
et de celles de l’olympisme. Elle agira
pour la libre circulation des athlètes dans le monde et l’élimination de tout
trafic mondial des jeunes athlètes. Elle renforcera la coopération
internationale pour le développement du sport dans les pays en voie de
développement.
Nous
affirmons l’ambition résolue de mettre la culture au cœur du projet politique du
Front de Gauche, parce qu’elle est la
condition même de l’action politique, de la démocratie.
Rompre avec le projet culturel de la droite et la casse du service public de la
culture implique d’ouvrir avec notre peuple un grand débat démocratique en vue
de refonder un grand service public de l’art, de la culture et de l’information.
Nous
mettrons en chantier la refondation du
service public de l’art et de la culture, en réaffirmant la responsabilité
publique et nationale de l’État, et en construisant une compétence partagée
entre l’Etat et les collectivités territoriales. Nous mettrons un coup d’arrêt
au processus de marchandisation du service public de la culture et
annulerons immédiatement la RGPP.
Nous ouvrirons
un vaste débat public, national, décentralisé et ouvert à tous les acteurs
culturels comme à l’ensemble des citoyens, qui portera tout à la fois sur le
sens de cette politique culturelle comme sur les moyens nécessaires à sa
réalisation. À cet effet nous organiserons des
Conférences régionales réunissant
l’État, les collectivités territoriales, les professionnels et les citoyens.
Nous
réaffirmerons le lien étroit entre le
soutien à la création et à l’appropriation
sociale et citoyenne des œuvres et
des pratiques culturelles et artistiques. Cela passe par la refondation de
l’éducation artistique à l’école, et de l’éducation populaire, dans la cité et
l’entreprise.
Face à
l’emprise des industries culturelles sur l’ensemble des activités du champ
artistique, littéraire et médiatique, nous mettrons en place les régulations qui
s’imposent et ferons, en toute circonstance, prévaloir l’intérêt public, afin d’affranchir
notre économie de la culture de la soumission à l’argent. Nous encouragerons
le développement de l’économie sociale et solidaire.
Nous affirmerons la centralité du travail artistique et culturel au sein des
politiques publiques en terme d’emploi,
de droits sociaux, de statuts et de rémunérations. La réforme de 2003 du régime
de l’intermittence sera renégociée avec les organisations professionnelles, pour
la mise en place d’un système de protection pérenne et mutualiste. Plus
généralement la lutte contre la
précarité dans les différentes professions artistiques, culturelles et de
communication sera résolument entreprise.
Nous
abrogerons la loi Hadopi, créerons une
plateforme publique de téléchargement, et engagerons une vaste concertation
en vue de garantir le respect des droits, moraux et à rémunération, des
artistes, auteurs et interprètes, par une mise à contribution des fournisseurs
d’accès, des opérateurs de télécommunications et du marché publicitaire.
Nous
proposerons une loi contre les
concentrations dans la presse, les médias et l’audiovisuel, pour les libérer
des logiques financières et du diktat de l’audimat, afin de leur permettre
d’accomplir leurs missions au service du pluralisme de l’information et de la
culture. Nous créerons un Conseil
national des médias composé d’élus, de représentants des professionnels et
des usagers, chargé de veiller au respect de la responsabilité publique et
nationale, et de favoriser la création de coopératives de presse. Nous
refonderons un Pôle public des médias
et garantirons l’existence des médias associatifs et de la presse d’opinion.
Nous agirons
pour doter l’Union européenne d’une
authentique politique culturelle dotée des moyens correspondants, en vue de
favoriser le dialogue des cultures et de renforcer les échanges entre artistes
et acteurs culturels des états de l’Union.
Nous
poursuivrons et développerons le combat pour
l’exception et la diversité culturelles.
Nous
refonderons l’action culturelle
extérieure de la France,
sinistrée par cinq années de réductions budgétaires, de fermetures de Centres
culturels français et de sites de l’Alliance française, au service de la
création et de son partage, dans le cadre d’une
mondialité du dialogue et de l’échange.
Nous agirons pour la défense et le développement de la langue française.
Nous
créerons les conditions de l’adoption par le Parlement d’une
loi d’orientation et de
programmation budgétaire pour l’art, la culture et l’information, affirmant la
responsabilité partagée de l’État et
des collectivités locales et se donnant pour objectif de
porter l’effort public à 1 % du PIB,
en une législature.
La création
artistique, l’action culturelle, l'éducation populaire, mais aussi la libre
circulation des informations et des idées, la production et la diffusion des
savoirs et des connaissances et leur appropriation par le peuple, sont des
conditions majeures d’une transformation progressiste de notre société. Car il
ne saurait y avoir d’émancipation politique sans émancipation culturelle.
Nous voulons faire de la ville un espace commun du bien vivre ensemble
dans lequel chacun et chacune peut accomplir ses projets personnels, familiaux
ou sociaux grâce à l’organisation partagée des espaces de vie.
La construction du service public national et décentralisé du logement, de
l’habitat et de la ville,
permettra de réaffirmer le rôle majeur d’un patrimoine locatif public, de faire
vivre et garantir le droit au logement pour tous, partout et à tous les moments
de la vie.
Nous élaborerons une politique de
développement global du territoire dépassant le cadre de la politique du
logement à laquelle le droit à la ville ne doit pas être réduit. Les politiques
d’emploi, d'éducation, de santé publique, de transport, de culture, de sport,
devront contribuer à faire de la
ville un espace d'épanouissement personnel et familial. Ce sont les conditions
indispensables pour construire des
quartiers équilibrés qui ne soient pas uniquement résidentiels ou dortoirs,
mais de vrais quartiers de vie, avec des logements, de l’activité économique, de
l’emploi, des équipements publics et privés de proximité, des lieux de loisirs
et d’accès à la culture.
Pour construire cette ville partagée, nous mettrons fin aux politiques ciblées
(zonages des quartiers dits sensibles, empilés les uns sur les autres,
traitement stigmatisant de publics ciblés).
Le Ministère à la Ville sera supprimé
et les politiques de droit commun réorientées vers l’accès au droit à la
ville pour tous, deviendront la priorité. Cela permettra de garantir la mixité
sociale et de lutter contre la ghettoïsation.
Les politiques urbaines et de l’habitat devront concourir à cet objectif pour
une conception nouvelle de la ville, dense, ouverte, humaine, écologique
(respectueuse de l’environnement et comportant des lieux de respiration), une
ville favorisant la cohésion entre les habitants et le vivre ensemble.
Ces politiques seront débattues obligatoirement dans les collectivités pour
permettre l'implication des habitants, des associations et des élus qui seule
garantira la qualité des projets à même de combattre la ségrégation spatiale et
la ghettoïsation et d’affirmer la mixité.
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